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Auparavant, la flore intestinale que les scientifiques appellent maintenant « microbiote intestinal » s’occupait de notre digestion en toute discrétion et ne soulevait guère l’intérêt de la communauté scientifique. Depuis quelques années, les études et les publications à son sujet se multiplient et on lui prête aujourd’hui un rôle important dans notre santé physique et mentale. Il y aurait même un lien direct et indissociable entre cerveau et intestin. Mais pourquoi les chercheurs s’y intéressent-ils tant ? Et peut-on vraiment considérer l’intestin comme notre « deuxième cerveau » ? On vous aide à y voir plus clair dans cet article.
Tout d’abord, il est important de préciser que nous n’avons pas un seul et unique microbiote mais plusieurs !
Les microbiotes sont des ensembles de micro-organismes (bactéries, virus, parasites, champignons, etc.) qui vivent dans un environnement particulier. Par exemple chez l’Homme, il existe le microbiote de la peau (microbiote cutané, ou flore cutanée), de la bouche (microbiote buccal), du vagin (microbiote vaginal), ou encore des poumons (microbiote pulmonaire).
Ils constituent une barrière aux agressions extérieures, en limitant notamment la contamination de l’environnement dans lequel ils évoluent par des agents pathogènes. Ils jouent donc chacun un rôle particulier dans le système immunitaire.
L’intestin possède lui aussi son propre microbiote : le microbiote intestinal.
Comme son nom l’indique, il se situe dans l’intestin et notamment dans le côlon et l’intestin grêle. Il est constitué de plus de 50 000 milliards de bactéries, soit autant que le nombre de cellules de notre corps. Il est ainsi le plus important microbiote du corps humain[1] !
Même si cet organe a été délaissé pendant longtemps car on ne lui attribuait alors que des fonctions digestives, cela fait plusieurs années que les chercheurs s’y intéressent particulièrement et l’on sait aujourd’hui qu’il joue un rôle essentiel dans notre santé, tant physique que mentale.
Les micro-organismes qui le constituent ont en effet un impact sur plusieurs fonctions de notre organisme :
D’après l’INSERM[3], l’appellation « Deuxième cerveau » faisait d’abord référence au ventre, puisque c’est l’endroit (après le cerveau) dans lequel on trouve le plus de neurones : près de 200 millions de cellules nerveuses tapissent le tube digestif, soit autant que dans la moelle épinière. C’est ce qu’on appelle le système nerveux entérique.
Puis, lorsqu’on a compris le rôle du microbiote et le contrôle qu’il exerce à la fois sur le système nerveux entérique présent dans le ventre et le système nerveux central, on a associé « microbiote » à cette notion de « 2ème cerveau ».
Ainsi, le microbiote intestinal va par exemple contrôler le sentiment de satiété (c'est-à-dire le fait de ne plus ressentir la faim après avoir mangé) ou, au contraire, l’envie de sucré ou de gras[4] en produisant des molécules qui vont passer par le système nerveux entérique. Cet échange d’informations va se faire via les voies sanguines mais surtout via le nerf vague.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, 90% de l’activité observée sur le nerf vague va, non pas du cerveau vers l’intestin mais… de l’intestin vers le cerveau[5].
En situation de stress ou d’anxiété par exemple, on va « avoir l’estomac noué » ou « avoir la boule au ventre ». Au-delà de ces expressions couramment utilisées, c’est bien notre cerveau qui envoie des messages à notre intestin, qui va se contracter sous forme de spasmes et modifier le transit intestinal.
Dans une étude[5] portée par le CNRS, l’INSERM et l’Institut Pasteur, des chercheurs ont pu observer le lien fort entre le cerveau et le microbiote intestinal chez la souris. Les scientifiques ont effectué un transfert de microbiote de souris stressées à des souris saines : ces dernières ont développé tous les symptômes caractéristiques d’un état dépressif.
LE SAVIEZ-VOUS ?
95% de la sérotonine (hormone de la sérénité), neurotransmetteur qui régule de nombreuses fonctions comme l’humeur, nos émotions, notre niveau de stress ou notre comportement est sécrétée… par l’intestin.
D’après l’INSERM, la communication « intestin – cerveau » ouvre de nouvelles perspectives et le microbiote intestinal pourrait être impliqué dans de nombreuses pathologies[6]. De nombreuses études sont actuellement en cours pour mieux comprendre les liens entre déséquilibre du microbiote intestinal (appelé aussi dysbiose) et certains troubles (tels que la dépression ou la maladie d’Alzheimer par exemple), qui pourraient prendre leur source depuis l’intestin[4].
Un peu comme une empreinte digitale, chaque microbiote est unique et propre à chaque individu.
Celui-ci se constitue dès la naissance lors de l’accouchement (sa composition sera différente selon un accouchement par voie basse ou par césarienne) puis va progressivement évoluer durant les premières années de vie (sous l’influence de l’allaitement, de la diversification alimentaire, de la génétique, des éventuels traitements médicaux reçus, de l’environnement…) et continuer à se modifier tout au long de la vie adulte en fonction des événements, notamment des maladies, de la prise de certains médicaments, des modifications de l’hygiène de vie, ...
Compte tenu de son importance, le microbiote intestinal est aujourd’hui considéré comme un organe clé pour notre santé. D’où l’importance d’en prendre soin. Voici quelques bons réflexes à adopter au quotidien !
Sources :
[1] https://lefrenchgut.fr/le-microbiote/le-microbiote-intestinal-quest-ce-que-cest/
[2] https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/microbiote-intestinal-participe-au-fonctionnement-du-cerveau-regulation-humeurs-0
[3] https://www.inserm.fr/dossier/microbiote-intestinal-flore-intestinale (https://youtu.be/gkBgZzcf2rs)
[4] https://lefrenchgut.fr/le-microbiote/microbiote-intestinal-et-sante/ : Le French Gut - Pastille 07 - Quel lien existe-t-il entre microbiote intestinal et cerveau ? (https://www.youtube.com/watch?v=scqEQo2OKz)
[5] Giulia Enders – Le Charme discret de l’intestin. Tout sur un organe mal aimé – Editions Acte Sud
[6] Siopi E, Galerne M, Rivagorda M, Saha S, Moigneu C, Moriceau S, Bigot M, Oury F, Lledo PM. Gut microbiota changes require vagus nerve integrity to promote depressive-like behaviors in mice. Mol Psychiatry. 2023 Jul;28(7):3002-3012. doi: 10.1038/s41380-023-02071-6. Epub 2023 May 2. PMID: 37131071.
[7] https://lefrenchgut.fr/le-microbiote/comment-en-prendre-soin/